— Les belles histoires
Découvrez mes aventures, mes défis et les histoires qui m’inspirent au quotidien.

15/08/2025
MA TRAVERSÉE DU VERCORS SANS OUTILS CONNECTÉS
Dans 5 jours je prends le train pour un défi que j’attends depuis plusieurs années.
Je vais traverser le Vercors depuis son haut plateau au Sud puis ses sommets et crêtes jusqu’au Nord…
Un défi en autonomie totale et sans repères horaires ni électronique (si ce n’est d’allumer mon téléphone au bivouac pour donner ma position et recevoir la météo)…
Vivre au rythme du soleil et du corps, dans une nature où l’eau a quasi disparue à cette période de l’année.

Bien plus qu’une traversée !
Si j’avais idée de ce que j’allais faire, le but premier de ce challenge était de devenir.
Devenir capable de laisser de côté tout instrument connecté, apprendre à vivre sans l’heure mais avec le temps, en Sandales minimalistes, ressentir le vide et me contenter de ce que j’ai dans le sac au propre comme au figuré.
Merci Panta Sandals pour le soutien et la confiance, merci Hyperlite Mountain Gear pour le portage incroyable, merci Lyophilise & Co pour les solutions de nourriture sans eau ni réchaud. Enfin merci à mes proches et toutes celles et ceux qui m’ont soutenu et se préparent sans le savoir à continuer de le faire.
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13/01/2026
Mathis BOURGNON vainqueur de la Mini Transat 2025, une démonstration Mentale !
En décembre 2024, j’ai rencontré Mathis Bourgnon, un marin ambitieux et déterminé, prêt à relever l’un des défis les plus exigeants de la voile ; la Mini Transat. Cette course transatlantique en solitaire est une épreuve physique, mais surtout mentale, où chaque décision compte et où la solitude peut devenir un adversaire redoutable. Mon rôle en tant que coach en haute performance mentale ? L’aider à transformer ses doutes en forces, neutraliser émotionnellement ses peurs, et surtout, à rester lui-même, quelles que soient les circonstances.
Ce qu’il n’imaginait pas encore, c’est que cette aventure deviendrait bien plus qu’une préparation à une course. Ce serait une quête identitaire, une leçon d’humilité et une victoire sur soi-même.
Décembre 2024 : Le point de départ, entre ambition et incertitude
Mathis ne m’a pas contacté, c’est moi qui me suis présenté à lui et proposé de l’accompagner. S’il avait déjà un palmarès impressionnant et quelques très bonnes notions dans le domaine cela manquait d’équilibre. Le constat de départ était simple, un budget étriqué, l’incertitude d’obtenir l’assurance du bateau pour la saison, des réparations coûteuses en cours… Les concurrents eux disposaient de bateaux plus modernes, d’équipements high-tech, et certains avaient déjà l’expérience de la traversée. Mathis, lui, voulait gagner, à sa manière et là était toute la question. Quelle serait cette manière ?
Notre premier travail a été de dépolariser des traits de caractères qui le minimisaient directement ou indirectement et le contraignaient. Plutôt que de se focaliser sur ce qu’il n’avait pas (un bateau dernier cri, une expérience transatlantique), nous avons commencé à explorer qui il était : un marin résilient, capable de s’adapter, et doté d’une intuition rare. En nous retrouvant à Paris après sa victoire il m’a confié « tu sais Nico ma course, c’était 20% de matériel et 80% de mental ».
Apprendre à s’écouter plutôt qu’à se comparer
Pendant les mois qui ont précédé le départ, Mathis a travaillé sur un outil clé : la reconnexion à ses sensations. Nous avons mis en place des process instinctifs pour qu’il apprenne à identifier ses émotions sans les juger, à accepter ses limites, et à se recentrer sur l’essentiel.
Avant son départ nous travaillions déjà sur le retour (une première hivernale sur un mini 6.50), un défi, plus grand encore que la course. En séance Mathis m’a confié avoir peur des conditions qu’il pourrait rencontrer dans l’hiver sur l’Atlantique et des conséquences que cela pourrait avoir. Cette peur, c’est une information, lui avais-je répondu en fin de séance alors qu’elle était passée de 9/10 à 1/10 en 2h00 de temps. On ne souhaite pas que cela arrive, nous avons juste été voir tout ce qu’il y aurait de bénéfique si c’était le cas. Après ce collapse Mathis a appris à se parler comme à un ami, à se rappeler pourquoi il courait : pour le plaisir de naviguer, pour l’aventure, pour le défi personnel, et non plus pour une place sur un podium avec la peur au ventre de casser son bateau.
La Mini Transat : Une course contre soi-même
Le jour du départ, Mathis était serein. Pas parce qu’il était sûr de gagner, mais parce qu’il avait compris une chose : la victoire ne se mesurait pas qu’en miles parcourus, mais en obstacles surmontés. Il m’avait même confié juste avant le remorquage pour sortir du port des Sables D’Olonne « Nico Je suis Invincible ! ».
Pendant la traversée, les défis se sont enchaînés : avaries et perte de son Spi Medium (une voile d’avant déterminante dans les Alizés à venir), conditions météo changeantes, et la tentation de regarder ce que faisaient les autres (classement qu’il n’a jamais pris en compte durant toute la traversée). A la mi-course quelques doutes ont fait leur apparition. Mathis avait 2 solutions, perdre 24h et prendre un nouveau SPI ou repartir sans cette voile déterminante. Je lui ai dit de se concentrer sur lui, sur ce qu’il voulait vraiment et qui il souhaitait devenir dans cette situation. Celui qui perd avec une bonne raison ou celui qui ose ? Je savais à l’avance ce qu’il ferait.
En choisissant l’aventure et l’audace, Il a gagné la maîtrise de son esprit. Il a appris à accueillir ses sensations – la fatigue, le doute, l’euphorie – sans les laisser le submerger. Il a compris que la performance, c’est d’abord une question d’alignement : alignement entre ses valeurs, ses actions, et ses objectifs.
L’arrivée : Une victoire humaine
Quand Mathis a franchi la ligne d’arrivée en tête, cela faisait plusieurs mois qu’il n’était déjà plus le même. Je ne cours plus pour gagner quelque chose, m’avait-t-il dit avant le départ. Je cours parce que c’est qui je suis. Il avait transformé sa relation à la compétition, et surtout, à lui-même.
Pour moi, en tant que coach, cette aventure a été une confirmation : le mental n’est pas une arme pour écraser les autres, mais un outil pour se dépasser. Mathis a prouvé que la vraie performance naît de l’authenticité, de la capacité à rester centré sur ce qui compte vraiment.
Une aventure qui continue
Aujourd’hui, notre collaboration se poursuit. Mathis prépare de nouveaux défis, et moi, je continue à explorer comment transposer ces leçons de résilience et d’authenticité dans d’autres univers – notamment en entreprise, où la pression et la comparaison sont aussi omniprésentes.
Cette histoire, c’est celle d’un athlète et de son coach, mais c’est surtout l’histoire d’un homme qui a appris à naviguer non seulement sur l’océan, mais aussi dans les méandres de son esprit. Et ça, c’est une aventure qui n’a pas de fin.
Si Mathis a une chose à partager avec ceux qui rêvent de relever des défis, ce serait celle-ci : Ne vous comparez pas. Écoutez-vous. Votre plus grande force, c’est d’être vous.


05/08/2026
Six fois le Tour, une première avec mon frère !
Dix kilos d’autonomie sur le dos, une paire de sandales et un tracé par cœur détourné à chaque occasion par des variantes plus alpines.
Les Houches, départ officiel du Tour. L’après-midi est bien entamée après ces 6h de route, nos vies de Papa entrepreneurs et quelques centaines de kilomètres derrières nous, nous changeons de peau et de vêtements pour entrer dans ces 4 prochains jours.
Direction les chalets de Miage, nous démarrons par une variante, la crête puis le col du Tricot. Sur le chemin, la passerelle de Bionassay nous arrête net. Sous nos pieds, le glacier fond à vue d’œil, et le torrent gronde avec une puissance qu’on n’attend pas si tôt dans la saison. Cela se passe de mots, on regarde, puis continue vers ce trou de verdure sur lequel le temps n’a pas d’emprise. Au bord du torrent en retrait des Chalets nous posons le bivouac pour la nuit.
Ce que le corps encaisse
Réveillés aux premières lueurs du jour, météo consultée via le communicateur satellite, on va devoir s’adapter… La décision est prise de rallier Courmayeur en une seule étape. Quatre cols, 3000 mètres de dénivelé, une cinquantaine de kilomètres, le genre de programme qui ne s’acquiert pas mais se suit millimètres après millimètres. Les névés du col des Fours, encore blancs et traîtres, précèdent l’orage qui nous cueille plus loin au col de la Seigne et nous suit avec intermittence jusqu’à la nuit tombée, sous des trombes d’eau dans les rues Italiennes rendues désertes. Le soir, à table, les verres sont difficiles à soulever. Les avant-bras ne répondent plus, le bas du dos hurle à chaque mouvement. Peu de mots partagés, juste une pizza et l’encaissement physique. Une nuit au chaud plus tard, direction la Suisse et La Fouly, une étape plus courte, presque une convalescence. La météo toujours incertaine nous prive du petit col Ferret, plus alpin et engagé, nous profitons toutefois comme il se doit de la face Sud du Mont Blanc et de son massif qui, d’ici parait bien plus austère et vertigineuse que du côté français.
Sous la voûte plantaire, une douleur sourde s’installe, comme des hématomes qui se forment à chaque appui, je marche sur des œufs durs. Rien d’anormal après deux journées pareilles, chargé, sur un terrain rendu technique par les variantes choisies. Mais un signal que le corps envoie avant que la tête n’accepte de l’entendre, à quelques semaines d’une traversée de 300km en solo dans les Alpes du Sud.
Ce que la foule chasse
La Suisse et l’Italie interdisent quasiment le bivouac sur le tracé du TMB, alors des campings prennent le relais et prévoient de vrais camps pour randonneurs, ultra-équipés, pensés pour absorber les flux.
À La Fouly, la pluie matinale et la fatigue embuent l’optimisme, et l’étape prévue initialement se raccourcit dans nos esprits. Champex, Bovine, le col de la Forclaz : des passages connus par cœur, traversés et retraversés en course et hors course au fil de six tours. Une pointe d’amertume tout de même pour la fenêtre d’Arpette, passée une seule fois en six tentatives, la météo a ses raisons et ne se négocie pas. Nous atteignons Trient vers 16h30, le camping est une usine à trekkeurs. Aucune intimité, aucune âme, pas la montagne que nous sommes venus chercher. Pas l’idée du dépassement montagnard qu’on vient toucher du bout des doigts. Malgré la fatigue, la décision est prise de pousser plus loin, par la variante la plus raide vers la France, direction les Tseppes. Repartis sans eau, lucidité en PLS, l’alpage des Tseppes se révèle à sec. Toujours rien à Catogne. On avance, épuisés mais avec humour, sans doute la vraie compétence d’un tour à deux. C’est là, à sec et sans filtre, qu’on voit vraiment qui est en face de soi. Le col de Balme et son refuge apparaissent aux dernières lueurs du jour, une bière en récompense, puis un bivouac glacial face à un panorama grandiose. La nuit la plus dure du tour, avec la plus belle vue. Dernière remontée dans les Aiguilles Rouges, direction le lac Blanc, un passage que je souhaitais faire découvrir à mon frère. Le lac est finalement noir, de monde. Fuite immédiate, sans s’attarder, et conclue par l’itinéraire de l’UTMB via la place de l’amitié.
Ce qui reste, une fois les sacs posés
Côté matériel, des ajustements s’annoncent avant la prochaine échéance. Côté physique, rien à redire, si ce n’est que marcher en sandales reste un engagement à part entière, et que la traversée du Sud des Alpes en solo, de ce point de vue précis, s’annonce comme un très gros challenge. Aucune ampoule, aucune plaie, pas la moindre égratignure. Juste une sensibilité extrême sous les pieds, liée au dénivelé chargé, au terrain caillouteux des variantes, et sans doute à la fatigue accumulée.
Un sixième Tour du Mont-Blanc, mais une première : la première vraie aventure avec mon frère, celle qui en annonce d’autres. Surfréquentation, refuges modernisés depuis vingt ans, accessibilité facilitée à outrance, le TMB a changé et il continuera de changer. Ce tour-là restera pourtant unique, le TMB avec mon frère. Et ça n’a pas de prix, au point d’effacer tout le reste.
Ce TMB a révélé le seuil il a ouvert des portes. Les Alpes du Sud, en solo, iront chercher ce qu’il y a derrière, plus loin dans l’engagement où se révèle l’IDENTITÉ.
Prochaine étape, ALPES BRUTES : la traversée solo et minimaliste des Alpes du Sud, depuis Briançon jusque Menton, fin août.





